Travelling Avant

20 juillet 2008

Fantasia 2008 : Voice of a Murderer

Filed under: Cinéma sud-coréen, Fantasia 2008 — Marc-André @ 17:45
Voice of a Murderer (Park Jin-Pyo, Corée du Sud, 2007)

Voice of a Murderer (Park Jin-Pyo, Corée du Sud, 2007)

Un fait divers tragique ayant défrayé les manchettes en Corée du Sud en 1991 sert de base narrative à Voice of a Murderer, troisième long métrage de Park Jin-Pyo, dans lequel un couple doit composer avec l’enlèvement de leur fils par un inconnu qui les tient en haleine au bout du fil, en réclamant une rançon de 100 000 $. Le kidnappeur maintiendra les parents dans un climat de tension et de terreur permanent pendant plusieurs semaines, tandis que le père, célèbre animateur de téléjournal, tente désespérément de répondre aux demandes du mystérieux ravisseur, pendant que la police cherche vainement à le retracer. Devenu l’un des plus célèbres cas criminels non résolus du pays, le film a trouvé la faveur du public et attiré les spectateurs sud-coréens en grand nombre, permettant au film de se hisser au troisième rang des productions sud-coréennes de l’année 2007, et au septième rang des films les plus populaires aux guichets. Une belle réussite pour un drame populaire de solide tenue, mais qui se développe de manière conventionnelle et linéaire.

On reconnaîtra à Voice of a Murderer plusieurs qualités : une mise en scène soignée, une attention minutieuse aux détails de l’histoire et une performance remarquable de Seol Kyung-Gu (Oasis, Public Enemy, Silmido, Peppermint Candy), un acteur formidable qui offre l’une des meilleures performances de sa carrière dans le rôle du père. Fort de tels atouts, le film échoue malheureusement à se hisser au-dessus de la simple reconstitution d’un cas vécu.

En choisissant de suivre à la lettre le dénouement des événements tout en épousant en grande partie le point de vue des parents, le cinéaste a opté pour une approche à mi-chemin entre le thriller policier et le mélodrame familial. Ce faisant, il privilégie les effets de suspense et l’aspect poignant de l’épreuve subie par les parents, en répondant ainsi aux attentes du grand public. La matière narrative joue toutefois contre lui, car l’agresseur, dissimulé sous une casquette, est réduit à une caricature dénuée d’identité. Il en va de même pour l’intrigue, dont on connaît le dénouement à l’avance, et qui ne parvient pas à créer une véritable angoisse.

Il restait donc à exploiter les affres psychologiques dont le couple est victime et la portée sociale du sujet. Si le réalisateur parvient à rendre palpable l’état de désespoir et de panique insondable des parents, en revanche il esquisse à peine la question des médias et de l’intervention policière, réduites à une part congrue du récit. C’est là que Voice of a Murderer perd de sa résonance, face à des films comme Memories of Murder ou, plus récemment, Secret Sunshine et Zodiac, qui utilisent le ressort criminel comme moteur de questionnement social. Le film de Park Jin-Pyo n’a pas le souffle de ces oeuvres phares, mais il a le mérite d’aborder un incident authentique avec justesse et dignité. Le public sud-coréen, lui, s’y est certainement retrouvé.

Laisser un commentaire »

Aucun commentaire pour l’instant.

RSS feed for comments on this post.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :