Travelling Avant

21 octobre 2007

FNC 2007 : Young People Fucking

Filed under: Cinéma canadien, Comédie, Festival du nouveau cinéma 2007 — Marc-André @ 19:50
Young People Fucking

Young People Fucking

Le sexe. Il n’est question que de ça et de rien d’autre (ou presque) dans ce premier film canadien au titre soi-disant cru mais surtout accrocheur, lisse comme une campagne publicitaire, qui aborde la chose sous un angle ouvertement comique, pour ne pas dire totalement superficiel, pour mieux fuir la réalité qu’il scrute sous des abords proprets et bien savonnés.

Ses concepteurs semblent avoir l’impression que leur approche est directe et franche, mais le résultat se révèle surtout platement télévisuel et irrémédiablement bavard. Les amateurs de Sex and the City y retrouveront sans doute de quoi sustenter leurs fantasmes BCBG, tandis que les cinéphiles, eux, pousseront plusieurs soupirs d’ennui, entre quelques sourires à peine esquissés, tant la farce tourne à vide, comme une sitcom autosatisfaite et vite oubliée.

Young People Fucking parle abondamment de cul, mais paraît presque vieux jeu, à une époque où l’on repousse sans cesse les frontières de la représentation sexuelle au cinéma. C’est dire à quel point il explose comme un pétard mouillé. On pourra admirer qu’il évite à la fois de verser dans la représentation explicite à la Shortbus et dans la vulgarité complaisante des niaiseries lubriques prépubères habituelles. Mais pour cela, il aurait fallu davantage de substance. Certes, le film est rigoureusement construit, en six parties qui reproduisent les étapes entourant les ébats de cinq couples hétérosexuels : prélude, préliminaires, sexe, interlude, orgasme et finale post-coïtum. Cinq récits parallèles sont proposés, chacun d’entre eux exposant une réalité à la fois commune et différente de gens dans la vingtaine ou la trentaine : il y a les ex-amoureux qui se retrouvent le temps d’une partie nostalgique de jambes en l’air, le couple un peu blasé et douillet en mal d’inspiration olé olé, les deux amis qui veulent tenter une expérience purement physique, une première rencontre entre un tombeur de femmes et sa plus récente conquête, et enfin un couple un peu pervers composé d’un homme qui souhaite que son colocataire fasse l’amour avec sa copine sous ses yeux.

Tous ces personnages de petits bourgeois sont pourtant interchageables et sans consistance, car réduits à quelques traits grossièrement soulignés. Le cinéaste Martin Gero et son coscénariste Aaron Abrams, également acteur dans le film, exploitent uniquement le potentiel cocasse de leur sujet, dans des scènes occasionnellement désopilantes et légèrement folichonnes qui sont surtout axées sur des dialogues incisifs et humoristiques, ainsi que sur les maladresses et le ridicule qui entourent les hauts et les bas des mouvements du désir.

Young People Fucking est relativement bien écrit et monté, mais le film offre peu de profondeur et de perspective, tant les personnages demeurent prisonniers de leur aspect stéréotypé et du style terriblement convenu de situations, artificielles et unidimensionnelles. La mise en scène est léchée, sans relief et télévisuelle jusqu’à l’agacement. Bref, voilà un produit étonnamment conformiste pour un titre aussi direct, dont l’emballage ne révèle rien de sulfureux ou de bien original.

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