Travelling Avant

18 octobre 2007

FNC 2007 : I’m a Cyborg, But That’s OK

Filed under: Cinéma sud-coréen, Comédie, Festival du nouveau cinéma 2007 — Marc-André @ 19:43
I'm a Cyborg, But That's OK

I'm a Cyborg, But That's OK

Après son ambitieuse trilogie de la vengeance, Park Chan-wook s’offre une parenthèse ludique avec cette comédie déjantée et débridée, sorte de One Flew Over the Cuckoo’s Nest en mode caricatural, désopilant et délirant qui met en scène deux personnages excentriques et fantasques internés dans un asile d’aliénés.

La rencontre improbable de deux personnages bizarroïdes est au coeur du récit. Elle (Lim Soo-jung, découverte dans le magnifique A Tale of Two Sisters) se prend pour un robot, porte un dentier et parle à des machines distributrices. Lui (la pop star Rain, dans son premier rôle au cinéma) est cleptomane compulsif, joue au lapin, porte un masque et tourne autour d’elle. Ils établissent une étrange complicité, tandis qu’autour d’eux s’agite toute une galerie d’hurluberlus fêlés du cabochon.

Aux antipodes du style sombre et viscéral de ses oeuvres précédentes, cette romance colorée ponctuée de séquences oniriques savoureuses est construite autour d’une succession de saynètes loufoques et bordéliques qui permettent à son créateur de déployer toute son inventivité visuelle. Les trouvailles de mise en scène pullulent, les couleurs sont flamboyantes et la direction photo offre de superbes compositions chatoyantes.

La folie baroque de la mise en scène, forte d’un esthétisme très travaillé et d’une très belle direction artistique, est toutefois soutenue par un scénario plutôt mince, sorte d’esquisse du grotesque qui table uniquement sur le registre du délire et de l’amusement. Le ton est bizarre, souvent enfantin voire puéril. Le jeu des acteurs est volontairement outrancier et excessif, à la limite du cabotinage, et les situations deviennent redondantes dans une deuxième partie un peu moins inspirée. Ce qui nous laisse sous l’impression que le film est certes divertissant, farfelu et inventif, mais un peu vide et superficiel sous son enrobage coloré.

En somme, I’m a Cyborg, But That’s OK se profile comme une oeuvre mineure et légère dans la filmographie d’un cinéaste toujours aussi brillant sur le plan visuel, accompagnée d’une excellente trame sonore. Park a le mérite de ne pas se répéter et d’emprunter des sentiers inédits, mais on souhaite qu’il retrouve sa virulence et sa causticité dans ses oeuvres subséquentes.

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