Travelling Avant

13 octobre 2007

FNC 2007 : La fille coupée en deux

Filed under: Cinéma français, Festival du nouveau cinéma 2007 — Marc-André @ 00:20
La fille coupée en deux

La fille coupée en deux

On ne refera pas Claude Chabrol, qui jette à nouveau son oeil machiavélique de vieux renard coquin et rusé sur la bourgeoisie et l’aristocratie françaises, avec des résultats tout aussi prévisibles que noirs et savoureux.

Sa cible, cette fois-ci, est triple : le milieu littéraire et intellectuel français, le monde de la télévision et les grandes familles richissimes. Trois univers dont il s’amuse à disséquer le ridicule et la prétention affectée, les névroses, les contradictions et les bassesses, avec un bonheur certain mais inégal.

Un triangle amoureux et hautement improbable, formé d’une miss météo attrayante (Ludivine Sagnier) qui sème un désir galopant et conflictuel chez un dandy instable vivant aux crochets de la fortune de sa famille (Benoît Magimel) et chez un écrivain de renom féru de vice et de mots d’esprit (François Berléand), permet à Chabrol de dessiner la géométrie à forte teneur satirique de son portrait grinçant et amusé.

Rien de nouveau sous le ciel de Chabrol, qui égratigne encore une fois le vernis de l’hypocrisie des aristocrates, des parvenus et des prétentieux, pour notre plus grand plaisir. La mise en scène est classique, voire vieillotte et anachronique, et si la verve du grand cinéaste se révèle assez inspirée par moments – en particulier les quelques flèches empoisonnées qu’il assène au monde de la télé – en revanche on regrettera qu’il s’aventure de nouveau dans le registre fort convenu des amours passionnels, qui lui va beaucoup moins bien.

Comme c’était le cas dans La Demoiselle d’honneur, on a énormément de difficulté à croire à l’obsession incontrôlée des personnages interprétés par deux acteurs talentueux, François Berléand et Benoît Magimel, excellents dans des compositions typées mais jubilatoires, devant cette jeune fille somme toute quelconque et dénuée de mystère, campée par une Ludivine Sagnier qui n’impressionne guère dans un rôle insuffisamment développé.

Là sont les limites, de plus en plus évidentes au fil du développement de la dissection pleine de venin de ce Chabrol de cuvée moyenne, qui plaira surtout aux inconditionnels du cinéaste, toujours aussi complice envers le spectateur.

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