Travelling Avant

21 juillet 2007

Fantasia 2007 : A Dirty Carnival

Filed under: Cinéma sud-coréen, Fantasia 2007 — Marc-André @ 18:25
A Dirty Carnival (Yoo Ha, Corée du Sud, 2006)

A Dirty Carnival (Yoo Ha, Corée du Sud, 2006)

Yoo Ha est l’un des secrets les mieux gardés du cinéma sud-coréen actuel. Il est à souhaiter que A Dirty Carnival change la donne. Son troisième long métrage est l’un des meilleurs films de gangsters ayant été produits en Corée du Sud au cours des dernières années.

Le récit retrace le parcours d’un petit malfrat opportuniste et ambitieux (joué par Jo In-Seong, dans une performance mémorable) qui cherche à élever sa condition rapidement et à gravir les échelons de son organisation criminelle. Pour cela, il est prêt à tout – à se battre et même à trahir et à renverser ses concurrents. Son chemin croise celui d’un ami de jeunesse devenu cinéaste, et qui souhaite justement tourner un film sur les milieux interlopes. D’abord ravi de retrouver cet ancien ami, qui lui permet une incursion inespérée dans ce milieu, l’apprenti réalisateur constate la dure et impitoyable réalité des conflits dont son ami est partie prenante.

Les films de gangsters et de bastonnades ont décidément la cote actuellement en Corée du Sud. Celui-ci est extrêmement solide et s’élève très nettement au-dessus du lot. Le scénario, qui épouse à merveille la structure de l’ascension et de la chute de son personnage principal, est absolument passionnant, et offre plusieurs séquences d’action fulgurantes – soulignons en particulier une bataille sauvage tournée dans la boue, qui est une véritable prouesse de mise en scène. À ce seul niveau, A Dirty Carnival suscite l’enthousiasme. Il faut ajouter à cela la profondeur psychologique étonnante de personnages complexes et torturés, ainsi que le réalisme de la représentation du milieu, qui situe la démarche de Yoo Ha du côté de l’étude de caractères et de la fresque sociale.

L’intégration de la mise en abyme du cinéma, amenée par le personnage du cinéaste, est effectuée avec beaucoup de justesse et enrichit considérablement le film. Elle souligne les intentions de Yoo Ha, qui cherche à rendre la réalité de ce milieu tout en évitant les pièges d’une fiction qui l’évoquerait en méconnaissance de cause. Ainsi, le film prend la forme d’un double – et dur – apprentissage : pour le cinéaste, c’est celui de la réalité; pour le gangster, c’est celui de la rançon de la gloire.

La mise en scène est remarquable, mais dénuée d’esbroufe et d’effets stylistiques. La violence de ce milieu et le destin tragique des protagonistes sont ainsi présentés sous un éclairage cruel et dénué de complaisance. Soulignons enfin la qualité de l’interprétation, qui révèle un nouveau talent à suivre de près : il a pour nom Jo In-Seong. Assurément, A Dirty Carnival est à ranger du côté d’œuvres phares telles que Public Enemy et A Bittersweet Life.

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