Travelling Avant

23 octobre 2006

FNC 2006 : The Bothersome Man

Filed under: Cinéma norvégien, Festival du nouveau cinéma 2006 — Marc-André @ 13:59
The Bothersome Man

The Bothersome Man

Que se passe-t-il quand l’esthétique Ikea entre en collision frontale avec une version kafkaïenne d’un sketch tout droit sorti de The Twilight Zone? On obtient The Bothersome Man, une satire virulente – et norvégienne – de l’aseptisation galopante de la société actuelle. Un film jubilatoire, à l’humour noir dévastateur, qui raconte les péripéties hautement improbables mais foncièrement irrésistibles de Andreas (Trond Fausa Aurvaag, sorte de Pierre Richard scandinave et incrédule au regard piteux), un employé de bureau s’étant déniché un boulot dans une ville étrange qui semble située aux confins du monde existant. Arrivé sur place, il découvre ce qui serait pour plusieurs le profil rêvé : une entreprise qui ne lui impose aucune pression, un mode de vie aisé et confortable et une femme splendide, soumise et dévouée. Mais quelque chose ne tourne pas rond dans ce monde trop lisse et idyllique, notre pauvre bougre assiste à des événements très bizarres et il pressent que ces apparences impeccables et enviables dissimulent une réalité plus trouble, voire horrible. Il n’est effectivement pas au bout de ses peines – et de ses découvertes.

On reconnaîtra ici un canevas maintes fois exploité, tant au cinéma que dans des séries télévisuelles exploitant les registres de l’étrange et de la paranoïa : un individu découvre l’aliénation et le mensonge de la société dans laquelle il évolue. Le cinéaste Jens Lien ne gagnera donc pas des points pour l’originalité de son concept. Il fait toutefois des merveilles avec le traitement de cette idée, avec l’aide d’un scénario habile et délicieusement pervers. La charge sociale est explicite, dénonçant l’embourgeoisement et la superficialité d’une société de consommation carburant au confort, à la superficialité et à l’hypocrisie, où les individus, interchangeables et dénués de la moindre prise de conscience sur le monde, deviennent des caricatures d’êtres humains, insensibles et détachés.

Cette dénonciation est heureusement dénuée de toute lourdeur, tant elle est amenée sous un registre absurde qui multiplie les traits d’un humour corrosif et surréaliste asséné avec malice et complicité envers le spectateur. Sur le plan stylistique, le cinéaste utilise de multiples registres qui créent un effet de surprise réjouissant : tant la comédie que le suspense, et même le fantastique et l’horreur surgissent sans crier gare et se marient parfaitement bien à la démonstration glacée de l’ensemble. Ainsi, le mode de vie scandinave est mis en scène jusqu’à des excès surréalistes, dans une série de tableaux hilarants qui pastichent l’esthétique racoleuse de la décoration intérieure, de la mode et de la publicité, qui en prennent pour leur rhume.

Situé quelque part entre le commentaire social, le conte paranoïaque et la parodie esthétique, The Bothersome Man gagne son pari sur tous les tableaux et procure un vif plaisir cinéphile.

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