Travelling Avant

30 septembre 2009

Truffe remporte un prix au Fantastic Fest

Filed under: Cinéma québécois, Festivals — Marc-André @ 07:28
Truffe

Truffe

Truffe, de Kim N’Guyen, vient de remporter le prix de la mise en scène, section fantastique, au prestigieux Fantastic Fest qui bat présentement son plein à Austin, au Texas.

Voilà un très bel honneur pour le cinéaste et pour un film résolument atypique au sein du paysage cinématographique québécois. Rappelons que Truffe était le film d’ouverture de Fantasia en 2008.

Par ailleurs, Kim N’Guyen fera partie du jury qui remettra la Louve d’or à l’un des dix-huit films de la section « Sélection internationale » de la 38e édition du Festival du nouveau cinéma.

Liste complète des prix de Fantastic Fest 2009

13 septembre 2009

Un cargo pour l’Afrique : une affiche vaut mille mots

Un cargo pour l'Afrique

Un cargo pour l'Afrique

Ciel. Je crois avoir trouvé un candidat de choix pour le très convoité concours annuel de l’affiche de cinéma faisant preuve du plus mauvais goût qui soit.

Le Festival des films du monde, champion incontesté de longue date dans le domaine, a de la sérieuse compétition cette année : l’affiche du film Un cargo pour l’afrique, de Roger Cantin.

Je dois avouer que je suis conquis. Il émane de cette pièce d’anthologie un doux parfum de ringardise intégrale.

Les années quatre-vingt n’ont pas fini de nous hanter.

31 août 2009

À quelle heure le train pour nulle part, au Cinéma Parallèle

Filed under: Cinéma québécois — Marc-André @ 21:40
À quelle heure le train pour nulle part

À quelle heure le train pour nulle part

Présenté en première mondiale à Fantasia en juillet dernier, À quelle heure le train pour nulle part, le plus récent long métrage de Robin Aubert, prendra l’affiche du Cinéma Parallèle à partir du 18 septembre.

Tourné en Inde avec une équipe réduite, très peu de moyens et une grande liberté créatrice, ce film diablement courageux et personnel conjugue exotisme, errance, poésie, mystère et quête de soi de manière admirable. Le billet que j’ai rédigé à l’occasion de sa première projection témoigne de tout le bien que j’ai pu penser de cette expérience qui n’a pas d’équivalent dans le paysage cinématographique québécois.

Liens :

Bande annonce sur le site du Cinéma Parallèle

Présentation sur le site de Fantasia

18 août 2009

Les dames en bleu, film d’ouverture du FNC 2009

Filed under: Cinéma québécois, Documentaire, Festival du nouveau cinéma 2009 — Marc-André @ 22:38

fnc09-logoQui est la belle inconnue
La femme en bleu seule à sa table ?
Je me sens fou de l’avoir vu
Comme j’aimerais qu’elle me regarde

Michel Louvain, La dame en bleu

Existe-t-il un plus irrésistible crooner québécois que Michel Louvain? Fernand Gignac, dites-vous? Hmm, peut-être. Ou celui-ci, à la rigueur (à vos risques et périls)? Décidément, non. Nul n’a la faconde ni le charme du grand Michel. Et le chanteur de ses dames sera la tête d’affiche lors de la soirée d’ouverture du Festival du nouveau cinéma (FNC), cet automne.

Les dames en bleu, un documentaire du réalisateur québécois Claude Demers, à qui l’on doit Barbiers – une histoire d’hommes, a été sélectionné à titre de film d’ouverture de la trente-huitième édition du FNC. Le film propose le portrait de cinq admiratrices du chanteur. Le communiqué de presse le présente ainsi, en filiation avec la tradition du cinéma vérité :

Avec humilité et tendresse, le film se glisse dans le quotidien de cinq de ces femmes, de différentes générations, qui ont donné au chanteur culte la plus grande place dans leur coeur, dans leur monde, dans leur vie. Car dans leur rêve, il est l’ami complice, l’homme idéal, la plus belle des histoires d’amour. Mais dans la réalité, elles sont confrontées à un quotidien ordinaire où leur vie sentimentale est parfois empreinte de solitude. Tout en portant un regard truculent sur le phénomène du vedettariat, les Dames en bleu est un portrait intime de la volonté d’atteindre l’inatteignable, désir universel qui scintille au fond de chacun d’entre nous. (Extrait du communiqué du FNC).

Le film lancera les festivités du FNC 2009, le mercredi 7 octobre, au Cinéma Impérial. Après la projection, une soirée sera tenue dans le nouveau quartier général du festival, à l’Agora Hydro-Québec du Coeur des sciences de l’UQÀM. Le documentaire prendra ensuite l’affiche en salle le 16 octobre.

Le 38e Festival du nouveau cinéma aura lieu du 7 au 18 octobre 2009. En attendant le dévoilement de la programmation, ne résistez surtout pas à la tentation, et offrez-vous une visite sur le site officiel de Michel Louvain. Avouez que vous en brûlez d’envie.

21 juillet 2009

Fantasia 2009 : À quelle heure le train pour nulle part

Filed under: Cinéma québécois, Fantasia 2009 — Marc-André @ 08:12
À quelle heure le train pour nulle part

À quelle heure le train pour nulle part

Un projet admirable et courageux. Une expérience filmique personnelle et déroutante. Un voyage sensoriel hypnotique. Et surtout, une exploration déchirante de soi, de ses démons, de ses ombres. À quelle heure le train pour nulle part est tout cela, et bien plus. Une sorte de Zigrail dépoli, livré à l’état brut, à vif, en autocombustion. Une oeuvre nourrie par le documentaire et ancrée dans la fiction, traversée d’authenticité, et que l’on ne saurait ni pourrait résumer.

Celles et ceux qui ont connu Robin Aubert lors de sa participation à la Course destination monde, sur les ondes de Radio-Canada, ont de quoi se réjouir avec son deuxième long métrage. Celui-ci n’a absolument rien à voir – sur le plan de la forme et des moyens, du moins – avec Saint-Martyrs-des-Damnés, son film précédent. Avec cette quête mystérieuse et casse-gueule d’un homme parti seul en Inde à la recherche de son frère jumeau, le cinéaste renoue avec l’expérience du voyage et avec la liberté créatrice la plus pure qui soit. Le résultat est désarçonnant comme un périple en contrée inconnue : perte de repères, fragilité exacerbée, errance, confusion, ouverture face à l’Autre, toutes ces sensations contradictoires sont au rendez-vous, avec une vérité et des accents poétiques qui foudroient.

Le film a été conçu avec une équipe extrêmement réduite de quatre personnes, dont l’acteur Luis Bertrand, qui incarne le personnage principal avec beaucoup d’aplomb. Portant un t-shirt à l’effigie de son frère, qui lui ressemble à s’y méprendre, il parcourt les rues de New Delhi, puis s’enfonce au coeur du pays indien, dans un parcours des plus énigmatiques. Le film ne laisse aucun choix au spectateur : celui-ci doit s’immerger dans l’expérience, et accepter de se perdre avec et en elle, dans le bruit et la frénésie. Ce faisant, il y découvrira ses propres peurs et contradictions, au fil des splendides images que l’équipe a captées en Inde.

Le visionnement d’À quelle heure le train pour nulle part ne se fait pas sans heurts : parti d’un scénario quasi inexistant, improvisé et élaboré sur place, au fil des rencontres, le récit se développe de manière chaotique, nous entraînant dans de nombreux détours, parfois même dans des impasses qui testent notre perception et notre attention. Mais ce que le film perd à l’occasion dans ses aspects brouillons et décousus, mais bien assumés comme tel, il le gagne en mille par sa force d’évocation, son authenticité et sa grande richesse visuelle et symbolique.

En écoutant ce film superbe, traversé de fulgurances et d’un vrai désir de filmer et d’aller au bout de soi, j’ai eu en tête ce vers de Roland Giguère : « Ne jamais demander son chemin à celui qui ne sait pas se perdre ».

24 juin 2009

Vive le Québec court

Filed under: Cinéma québécois — Marc-André @ 19:59

nfb-onf-logoC’est la Saint-Jean-Baptiste. Vous avez une folle envie d’écouter un film québécois, mais vous manquez désespérément de temps, entre un spectacle de Richard Séguin, un party thématique autour de la Bolduc et un concours du plus beau pochoir à l’effigie des Patriotes? Respirez un peu, ouvrez une Laurentide tiède et offrez-vous quelques courts métrages québécois. C’est d’autant plus facile que le site de l’ONF vous les offre en ligne, en intégralité, dans une bonne qualité, et nom d’un chien, gratuitement.

Vous n’avez pas le temps de choisir? Franchement, je vous plains, à toujours courir comme ça. Mais je suis bon prince. Voici quelques morceaux dignes d’intérêt, sélectionnés avec une rigueur époustouflante par nul autre que moi-même.

  • Isabelle au bois dormant, de Claude Cloutier. Un incontournable de l’animation québécoise récente. Hilarant.
  • Rouli-roulant, de Claude Jutra. Le grand cinéaste s’intéresse au phénomène du skateboard… en 1966.
  • Speak White, de Pierre Falardeau et Julien Poulin. Montage photo à partir du célèbre poème de Michèle Lalonde.
  • Dehors novembre, de Patrick Bouchard. La chanson des Colocs, devenue un superbe court métrage d’animation.
  • Félix Leclerc chante Cadet Rousselle, de Daniel Frenette. Le grand troubadour, sur des images de Jean Dallaire.
  • Ti-Jean s’en va-t-aux chantiers, de Jean Palardy. Bon, ça c’est un peu de nostalgie. C’est toujours un peu indécent, la nostalgie. Excusez-là.

23 juin 2009

Un nouveau répertoire audiovisuel à la Cinémathèque québécoise

Filed under: Cinéma québécois — Marc-André @ 18:38
Le nouveau répertoire audiovisuel de la Cinémathèque québécoise

Le nouveau répertoire audiovisuel de la Cinémathèque québécoise

Avec un excellent sens du timing – à la veille de la Fête nationale – la Cinémathèque québécoise a lancé un nouvel outil de recherche. Et quel outil. Il se nomme Répertoire audiovisuel Québec, et il s’agit d’une gigantesque base de données contenant des renseignements détaillés sur plus de 23 000 titres québécois du domaine du cinéma et de la télévision, des origines à nos jours. On imagine tout le travail qu’il y a derrière tout ça… Colossal.

On le présente comme un équivalent québécois du IMDB, et un premier coup d’oeil révèle effectivement un outil étoffé et de grande qualité. Chaque fiche contient des renseignements factuels, mais aussi du contenu visuel, dont de nombreuses photos. Vous cherchez Symphorien – je me demande pourquoi d’ailleurs, mais ça vous appartient entièrement – eh bien, la glorieuse série des glorieuses années soixante-dix est là, avec deux inénarrables photos d’ailleurs. Vous avez récemment été dévasté – avec raison – par Polytechnique? Le voilà, avec l’affiche, des tonnes d’images, et moult détails sur la production du film. Pour une raison absolument incompréhensible mais fort valable après tout, vous voulez en savoir plus sur Dans le ventre du dragon, d’Yves Simoneau? Non seulement il s’y retrouve, mais en plus, on y découvrira son titre en espagnol (No ventre do dragão), et même un titre de travail! (La Passe circulaire… euh, quid?)

L’outil est disponible en ligne, et le moteur de recherche est efficace et facile à utiliser – il ne permet toutefois pas les recherches plus complexes ou combinées. La page d’accueil propose plusieurs rubriques : les ajouts du mois, une thématique en vedette – ce mois-ci, le polar des années 70 – et « Les choix de… », une sélection de dix films recommandés par une personnalité du milieu. C’est Suzanne Hénaut, présidente du CA de la Cinémathèque, qui l’inaugure avec une intéressante sélection comprenant Léolo et Requiem pour un beau sans-coeur. Enfin, on y recense les recherches les plus populaires (lâchez-moi donc Denys Arcand, svp).

C’est par ici que ça se passe : Répertoire audiovisuel Québec, de la Cinémathèque québécoise

20 juin 2009

Carcasses : de la tôle et des hommes

Filed under: Cinéma québécois — Marc-André @ 11:03
Carcasses (Denis Côté, Québec, 2009)

Carcasses (Denis Côté, Québec, 2009)

Un cinéma de l’épreuve? Une énigme narquoise? Une rencontre du troisième type? Une séance d’hypnose nouveau genre? Un pamphlet apocalyptique et métallique? Un défi ultime lancé à Apichatpong Weerasethakul?

En tous les cas, il ne s’agit pas de votre petit divertissement du vendredi soir.

Denis Côté n’a pas son pareil pour bousculer nos repères cinématographiques. Avec Carcasses, son quatrième long métrage, il propose de nouveau un objet en forme de point d’interrogation indéchiffrable, situé aux confins du documentaire et de la fiction.

Nul doute que ce film d’une austérité féroce ne manquera pas de soulever l’ire, l’irritation ou plus simplement la narcolepsie des spectateurs allergiques à son approche radicale du médium.

Quelque chose de fascinant est à l’oeuvre, pourtant, dans ce portrait-qui-n’en-est-pas-vraiment-un de Jean-Paul Colmor, un impayable brocanteur qui s’affaire sans cesse sur son terrain, sorte de paradis de la scrap où s’entassent véhicules défoncés, patentes à gosse et babioles antédiluviennes qu’il déplace, replace, entasse et vend, dans un élan perpétuel qui donnerait le tournis à Sisyphe.

Le cinéaste a trouvé un sujet haut en couleur et un lieu surréel qui semblent situés en retrait du monde, mais il refuse d’en brosser le portrait de la manière attendue. Au lieu de cela, il multiplie les plans fixes, capte les bruits et les mouvements et compose une sorte de tableau quasi abstrait, maintenu à portée du loufoque, de l’absurde et de l’étrange.

On commence à peine à s’habituer à ce ton décalé que Côté nous refait le coup de Nos vie privées, en cassant littéralement son film en deux, cette fois avec l’arrivée totalement improbable de quatre trisomiques dont les agissements et les motivations sont pour le moins cryptiques. Une rupture de ton incongrue, et voulue ainsi, qui fait basculer le film dans une dimension bizarroïde ultra engourdie, en forme de défi envers les attentes – et la patience – du spectateur.

Autosabotage ironique? Pochade idiosyncratique? Accident surréaliste? Allez savoir. Mais il y a certainement quelque chose d’admirable à retirer de cette démarche qui a tout de la prise de risque jusqu’auboutiste. Quitte à perdre un certain nombre de quidams en chemin.

15 juin 2009

Thirst, de Park Chan-wook, à Fantasia 2009!

Thirst, de Park Chan-wook, à Fantasia 2009!

Thirst, de Park Chan-wook, à Fantasia 2009!

Une très, très grande nouvelle repérée sur FEARnet et Voir : le festival Fantasia a annoncé la présentation de Thirst, de Park Chan-wook, en première nord-américaine, lors de sa treizième édition qui aura lieu du 9 au 27 juillet 2009.

Rappelons que le plus récent opus du célèbre réalisateur de la trilogie de la vengeance a remporté le Prix du Jury lors du Festival de Cannes, en mai dernier. Fantasia avait grandement contribué à la découverte du cinéaste sud-coréen en Amérique du Nord, avec la présentation de Joint Security Area, en 2001, et de Sympathy for Mr. Vengeance, en 2003. Le premier volet de la trilogie avait d’ailleurs raflé le prix du public pour le meilleur film asiatique de cette édition, une année avant la consécration internationale de Oldboy. Quelle jubilation de pouvoir retrouver Park Chan-wook à Fantasia avec un film si convoité!

D’autre part, Fantasia a également confirmé la rumeur voulant que Yatterman, de Takashi Miike, ait été choisi à titre de film d’ouverture. Love Exposure, film très attendu de Sion Sono, un autre favori du festival, fera également partie d’une sélection qui comptera pas moins de 35 films japonais. Voilà qui promet une édition absolument fantastique!

Mentionnons enfin que le deuxième long métrage de Robin Aubert, À quelle heure le train pour nulle part, tourné en Inde, sera également au programme.

Vivement le dévoilement de la programmation complète! Celle-ci sera présentée le lundi 29 juin, lors de la conférence de presse annuelle. Pour plus de détails, voir le communiqué de presse publié en entier sur Twitch.

3 juillet 2008

Fantasia 2008, jour 1 : Truffe et Sukiyaki Western Django

Filed under: Cinéma japonais, Cinéma québécois, Fantasia 2008 — Marc-André @ 22:08

Carnets Fantasia 2008 : 3 juillet 2008

Nous y sommes enfin! Place à dix-neuf jours bien comptés de délire cinémaniaque extrême. Des aspects secondaires de la vie, comme se nourrir, dormir et socialiser, seront réduits au strict minimum au cours des prochaines semaines. Les salles obscures de l’Université Concordia deviendront notre deuxième domicile, où l’on pourra se repaître d’univers déjantés provenant des quatre coins de la planète, et plus particulièrement de l’Asie.

La douzième édition de Fantasia a démarré de très belle façon jeudi, avec deux projections affichant complet. Quel plaisir de retrouver cette foule participative et enthousiaste, qui manifeste bruyamment son plaisir comme nulle part ailleurs. Les organisateurs du festival avaient certainement de quoi jubiler.

Truffe (Kim Nguyen, Québec, 2008)

Truffe (Kim Nguyen, Québec, 2008)

Certains puristes de la première heure ont pu sourciller face au choix de Truffe comme film d’ouverture de cette douzième édition, mais on a rapidement pu constater, avec grande joie, que le film absurde et fantastique de Kim Nguyen méritait entièrement sa place dans le cadre du festival. On pourra chipoter sur quelques aspects moins réussis – notamment du côté du scénario – mais il serait malvenu de bouder son plaisir devant la venue de cet objet insolite et rafraîchissant au sein du paysage cinématographique québécois.

Le plus grand mérite de Truffe, une réjouissante farce pince-sans-rire qui cultive des allures tout à la fois ultra léchées et un tantinet psychotroniques, est que le film ne se prend jamais trop au sérieux, et ce même s’il contient plusieurs thématiques sociales intéressantes, en évoquant notamment la tyrannie des grandes entreprises et en servant en filigrane une critique très pertinente du travail comme aliénation et mode d’asservissement de la population.

Le récit, très conceptuel, bascule rapidement dans l’étrange et le fantastique, et cultive sa bizarrerie en privilégiant l’aspect humoristique. On peut très certainement parler d’une réussite ayant peu d’équivalent dans le paysage cinématographique québécois, sinon peut-être Dans le ventre du dragon, de lointaine mémoire. La foule a réservé un accueil chaleureux à cet ovni léger et divertissant, à l’esthétique très stylisée.

Sukiyaki Western Django (Takashi Miike, Japon, 2007)

Sukiyaki Western Django (Takashi Miike, Japon, 2007)

Mais pour les purs et durs, le festival a véritablement débuté avec la projection du très attendu Sukiyaki Western Django, signé Takashi Miike. La foule était évidemment vendue d’avance, et elle n’aura pas été déçue par ce spectacle transgénique que l’on peut ranger parmi les plus belles réussites plus accessibles du maître de la provocation nipponne, qui réussit l’impossible en fusionnant Shakespeare, le western américain, le western spaghetti italien et le film d’action japonais. Les acteurs profèrent leurs répliques en anglais phonétique approximatif sans sourciller, dans des costumes extravagants, tandis que se multiplient des péripéties complètement grotesques et invraisemblables. C’est tour à tour hilarant, débile et festif, bref, du Miike comme on l’aime, et en très grande forme. La satisfaction était palpable dans la salle, qui s’est offert une sacrée virée festive.

Tout juste avant la projection, Simon Laperrière et King-Wei Chu ont offert une surprise de taille aux spectateurs, en invitant Gordon Liu sur scène. Le légendaire acteur hongkongais est en ville pour la projection de Disciples of the 36th Chamber, samedi après-midi, et il est venu nous souhaiter bon cinéma, en français s’il vous plaît. La foule s’est levée d’un bloc sous un tonnerre d’applaudissements. Beau moment, et une excellente première soirée.

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