
Love Exposure
Foudroiement. Jubilation. Illumination.
Le festival bat son plein depuis à peine trois jours, et l’on tient sans doute déjà sa pièce maîtresse.
On nous avait promis l’un des meilleurs films de l’année, sinon le plus grand, rien de moins. Mitch Davis, jamais à court de superlatifs, nous avait même annoncé que nous allions entrevoir Dieu. Ce n’est pas une mince affaire. Et ma foi, il avait raison. Love Exposure est effectivement immense, transcendant et exceptionnel. Croyez tout ce que vous avez pu entendre de bien à propos de ce film qui ne ressemble à aucun autre, nous sommes devant une véritable bombe cinématographique.
Avec ce film-fleuve incomparable et magistral, Sion Sono a rassemblé toutes ses obsessions filmiques – familles dysfonctionnelles, spiritualité tourmentée, fanatisme religieux et sectarisme, amours passionnées et blessées, cruauté, perversion, voyeurisme, j’en passe et j’en oublie – pour réaliser un film possédé, furieux et bouleversant, d’une durée de quatre heures. Oui, quatre heures. 237 minutes présentées sans interruption ni intermission, où l’on demeure rivé à son siège, ébahi, ravi, conquis, subjugué.
Combien de cinéastes pourraient tenir les spectateurs totalement captivés devant un projet aussi démesuré? C’est ce que Sion Sono parvient à accomplir avec cette oeuvre à fleur de peau, composée de nombreux moments de pure anthologie – dont une première heure absolument grandiose, inoubliable – et des performances renversantes de la part de l’ensemble des acteurs. Le cinéaste ne ménage aucun effet : on rit à gorge déployée, avant d’être touché par d’intenses moments dramatiques, pour être immédiatement après secoué par des scènes chocs et grandguignolesques. On savait le cinéaste doué pour la narration et les touches de folie filmique, et il se surpasse à tous les niveaux, gagnant en humanité, en profondeur, en souffle et en pertinence.
Love Exposure est une leçon de cinéma, qui nous rappelle avec émotion pourquoi on est devenu cinéphile. C’est devant des films aussi grands, aussi singuliers, aussi forts et aussi marquants, que l’on se forge une passion pour le septième art. Tenez-vous le pour dit : ce sera très, très, très difficile de trouver un film qui surclassera ce cataclysme démentiel d’émotions cette année.
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