Travelling Avant

31 juillet 2009

Fantasia 2009 : les gagnants des prix du public

Filed under: Fantasia 2009 — Marc-André @ 17:37
Love Exposure

Love Exposure

Les chouchous du public de Fantasia 2009 ont été dévoilés! On y retrouve des évidences et quelques surprises. Voici les détails pour chacune des catégories soumises au vote :

Meilleur film asiatique
Or: Love Exposure (Japon) – Sion Sono
Argent: Ip Man (Hong Kong) – Wilson Yip
Bronze: Thirst (Corée du Sud) – Park Chan-wook

Meilleur film international
Or: 8th Wonderland (France) – Nicolas Alberny, Jean Mach
Argent: Ex-aequo
Embodiment of Evil (Brésil) – Jose Mojica Marins
Must Love Death (Allemagne) – Andreas Schaap
Bronze: Black (France) – Pierre Laffargue

Meilleur long métrage québécois
Or: Sans dessein – Caroline Labrèche et Steeve Léonard
Argent: The Ante – Max Perrier
Bronze: Crawler – Sv Bell

Meilleur film d’animation
Hells (Japon) – Yoshiki Yamakawa

Prix GURU pour le film le plus énergétique
Or: Yatterman (Japon) – Takashi Miike
Argent: Ip Man (Hong Kong) – Wilson Yip
Bronze: ex-aequo
Vampire Girl vs. Frankenstein Girl (Japon) – Naoyuki Tomomastu, Yoshihiro Nishimura
Fireball (Thaïlande) – Thanakorn Pongsuwan

Film le plus innovateur (court ou long métrage)
Or: Love Exposure (Japon) – Sion Sono
Argent: 8th Wonderland (France) – Nicolas Alberny, Jean Mach
Bronze: Ex-Aequo
Genius Party Beyond (Japon) – Mahiro Maeda, Koji Morimoto, Kazuto Nakazawa, Shinya Ohira, Tatsuyuki Tanaka
Must Love Death (Allemagne) – Andreas Schaap

Meilleur documentaire
Best Worst Movie (États-Unis) – Michael Paul Stephenson

Meilleur court métrage
Or: The Horribly Slow Murderer With The Extremely Inefficient Weapon (É-U) – Richard Gale
Argent: Hidden Life of the Burrowing Owl (É-U) – Mike Roush
Bronze: ex-aequo
Cencoroll (Japon) – Atsuya Uki
Mortified (Angleterre) – Robert Nevitt

Ceci confirme que Love Exposure et 8th Wonderland sont les grands gagnants de cette treizième édition, public et critique confondus. Pour ce qui est des prix du public, je ne suis guère surpris des gagnants du côté asiatique, car il s’agit de pointures de taille. C’était attendu. Par contre, je dois dire que je suis très étonné des choix de la catégorie des films internationaux. Je me réjouis de la présence méritée de 8th Wonderland et de Black, mais je me questionne sur celle d’Embodiment of Evil et de Must Love Death, deux films qui ne m’ont pas du tout convaincu de leur intérêt et qui ont grandement partagé les avis. Leur aspect extrême a sans doute conquis bon nombre de spectateurs.

Voilà qui conclut une édition passionnante et de très grande qualité qui, de l’avis de la majorité, constitue un jalon dans l’histoire du festival. J’en ai pour plusieurs semaines à laisser décanter l’expérience et à ajouter d’autres comptes rendus de films, car je n’ai tout simplement pas eu le temps de parler de plusieurs oeuvres dignes de mention. D’autres billets fantasiens sont donc à venir sous peu!

Merci à toute l’équipe du festival pour leur travail colossal et pour ces trois semaines de pur délire cinématographique!

30 juillet 2009

Fantasia 2009 : le prix Séquences remis à Rough Cut

Filed under: Cinéma sud-coréen, Fantasia 2009 — Marc-André @ 20:18
Rough Cut

Rough Cut

Voilà une nouvelle qui me réjouit au plus haut point. Chaque année, la revue Séquences remet un prix à l’un des films de la programmation de Fantasia. Cette année, l’honneur échoit à l’excellent film sud-coréen Rough Cut.

Cette première oeuvre de Jang Hun, produite et coscénarisée par Kim Ki-duk, a été récompensée « pour son scénario intéressant et bien écrit et pour son mariage parfait entre le film d’auteur et le film d’action », aux dires du jury de Séquences. Je ne peux que souscrire à ce choix, puisqu’il s’agit de l’un de mes films préférés de cette édition.

Rough Cut est une acquisition d’Evokative, qui distribuera le film au cours de la prochaine année. Vivement une distribution en salles et en DVD de ce bijou de méta cinéma de très grande qualité, passionnant, drôle et nourri de réjouissantes références au milieu du septième art (voir mon compte rendu). Je vous en reparle dès que l’on connaîtra les dates de sa sortie au Québec.

Fantasia 2009 : remise officielle des prix du jury

Filed under: Fantasia 2009 — Marc-André @ 18:34

Breathless

Breathless

Love Exposure

Love Exposure

White Lightnin'

White Lightnin'

8th Wonderland

8th Wonderland

Fantasia a dévoilé cet après-midi les prix décernés par les jurys de la treizième édition du festival – des choix fort judicieux, qui font en grande partie écho à mes propres choix!

Voici la liste des lauréats :

Prix du Jury Long métrage

Meilleur Film : Breathless, de Yang Ik-june (Corée du Sud)
Prix spécial du Jury : Love Exposure, de Sion Sono (Japon)
Meilleur acteur : Yang Ik-June, dans Breathless (Corée du Sud)
Meilleure actrice : Hikari Mitsushima, dans Love Exposure (Japon)
Meilleure réalisation : David Russo, The Immaculate Conception of Little
Dizzle
(États-Unis)
Meilleur scénario : Nicolas Alberny et Jean Mach pour 8th Wonderland (France)
Meilleure direction photo : Hideho Urata pour The Clone Returns home (Japon)
Prix technique : Ip Man (Hong Kong)
Mention spéciale pour la direction d’enfants acteurs : Tom Shankland, The
Children
(Angleterre)

Prix du Jury Première oeuvre

Meilleur premier film : White Lightnin’, de Dominic Murphy (Angleterre)
Mention spéciale : première performance de l’actrice Eline Kuppens dans Left Bank (Belgique)

Rappelons que le jury des longs métrages était composé de Jean-François Rivard, Sophie Cadieux, Jean-Philippe Duval, Malajube et Patrick Sénécal, tandis que le jury des premières oeuvres était formé de Denis Héroux, Guy Danella, Larry Kent, Ryan Bruce Levey, Brenda Lieberman et Scott Weinberg.

Fantasia 2009 : le palmarès de Travelling Avant

Filed under: Fantasia 2009 — Marc-André @ 08:03
Breathless

Breathless

Avant de connaître les gagnants récompensés par le jury officiel, voici mon palmarès personnel de Fantasia 2009.

Il est toujours ardu d’arrêter son choix – et les réussites et les surprises furent nombreuses cette année – mais voici les cinq films qui m’ont le plus impressionné et marqué durant cette treizième édition : Love Exposure (Japon), White Lightnin’ (Angleterre), Breathless (Corée du Sud), Nightmare Detective 2 (Japon) et The Clone Returns Home (Japon).

Si Travelling Avant avait à remettre des prix, voici ce que ça donnerait :

Meilleur film : Love Exposure (Sion Sono, Japon)

Meilleure réalisation : White Lightnin’ (Dominic Murphy, Angleterre)

Meilleur scénario : Love Exposure (Sion Sono, Japon)

Meilleur acteur : Yang Ik-june, dans Breathless (Corée du Sud)

Meilleure actrice : Kong Hyo-jin, dans Crush and Blush (Corée du Sud)

Meilleure direction photo : The Clone Returns Home (Kanji Nakajima, Japon)

Meilleure trame sonore : White Lightnin’ (Dominic Murphy, Angleterre)

Pour moi, le fait saillant principal de cette édition est sans conteste la qualité de l’ensemble de la sélection en provenance de Corée du Sud. Les programmateurs ont fait preuve d’un flair remarquable, et on peut très certainement parler d’un renouvellement de cette cinématographie qui s’impose comme l’une des plus passionnantes au monde à l’heure actuelle. En plus de Breathless, qui arrive en tête de liste de cette sélection, j’ai également beaucoup apprécié The Chaser, Crush and Blush, Daytime Drinking, Dream, Rough Cut et Antique. Ajoutez Thirst et My Dear Enemy à cette sélection, deux films pour lesquels j’ai des réserves mais qui possèdent d’indéniables qualités, et vous avez là une excellente cuvée.

D’autres comptes rendus de films et retours récapitulatifs sur cette substantielle treizième édition seront ajoutés au cours des prochaines semaines!

29 juillet 2009

Fantasia 2009 : mes choix pour les prix du public

Filed under: Fantasia 2009 — Marc-André @ 11:58
Love Exposure

Love Exposure

Cette treizième édition du festival Fantasia tire à sa fin. Après avoir absorbé une quantité non négligeable de pellicule filmique au cours des trois dernières semaines, votre humble serviteur a soumis l’ensemble des oeuvres visionnées à une analyse rigoureuse et intense afin de sélectionner ses coups de coeur pour cette année.

Il est plutôt difficile de ne retenir qu’un seul film par catégorie en regard de la qualité de la programmation et du nombre de films que j’ai appréciés, mais je me prête tout de même volontiers au jeu. Voici donc mes choix personnels dans les différentes catégories pour lesquelles nous pouvions voter pour la remise des prix du public :

  • Meilleur film asiatique : Love Exposure (Sion Sono, Japon – compte rendu)
  • Meilleur film européen, nord ou sud américain : White Lightnin’ (Dominic Murphy, Angleterre – compte rendu)
  • Meilleur long métrage québécois : À quelle heure le train pour nulle part (Robin Aubert – compte rendu)
  • Meilleur film d’animation : Les Lascars (Albert Pereira-Lazaro et Emmanuel Klotz, France – compte rendu)
  • Film le plus énergique du festival : Rough Cut (Jang Hun, Corée du Sud – compte rendu)
  • Film le plus innovateur : 8th Wonderland (Nicolas Alberny et Jean Mach, France – compte rendu)
  • Meilleur documentaire : The Wild and Wonderful Whites of West Virginia (Julian Nitzberg, États-Unis)
  • Meilleur court métrage : Else (Thibault Emin, France)

28 juillet 2009

Fantasia 2009 : Breathless

Filed under: Cinéma sud-coréen, Drame, Fantasia 2009 — Marc-André @ 08:05
Breathless

Breathless

Retenez ce titre, et souvenez-vous du nom de Yang Ik-june. À partir d’éléments autobiographiques, ce jeune acteur sud-coréen a écrit, produit, réalisé et interprété le difficile rôle principal de Breathless, un mélodrame réaliste indépendant qui m’a laissé la gorge complètement nouée.

D’une grande dureté physique et verbale mais criant d’authenticité, ce film à la fois accablant et d’une profonde humanité narre la rencontre de deux être blessés. Lui, Sang-hoon, interprété de façon magistrale par le réalisateur, est un petit truand dont les gestes et les paroles sont d’une violence intarissable. Il va croiser Yeon-hee, une adolescente d’abord dégoûtée par son attitude repoussante, mais qui se lie tout de même à lui, trouvant un écho dans sa rage. Deux êtres blessés vont alors tenter un rapprochement improbable, malgré les douleurs affligeantes du passé et les tensions d’une vie familiale aux limites du supportable.

Breathless épate à tous les niveaux : qualité d’une mise en scène sobre et âpre, force et vérité du jeu des acteurs, puissance d’évocation de la misère morale et économique et de ses ravages sur les individus. Aucun doute possible : le cinéma sud-coréen traverse une période d’intense renouvellement qui provient surtout des marges du cinéma commercial, et ce film dévastateur en est l’un des exemples les plus frappants et mémorables.

Acquis par Ciné-Asie, le film sera distribué au Québec au cours de la prochaine année.

27 juillet 2009

Fantasia 2009 : public, c’est l’heure de voter!

Filed under: Fantasia 2009 — Marc-André @ 18:00
Fantasia 2009 : faites vos choix!

Fantasia 2009 : faites vos choix!

Cinéphiles, à vous la parole! Le moment est venu de choisir vos favoris personnels de cette treizième édition. Les bulletins de vote pour les prix du public Fantasia 2009 sont maintenant disponibles, et vous avez jusqu’au mercredi 29 juillet, à 23 heures, pour séparer le bon grain de l’ivraie et sélectionner les plus meilleurs extraordinaires et incomparables objets cinématographiques que vous avez eu la chance de croiser sur votre chemin cette année.

Histoire de ne pas influer sur les choix, et afin de laisser une chance aux derniers films à visionner en ce début de semaine, j’attendrai jusqu’à mercredi avant de dévoiler mes propres coups de coeur personnels.

Voici les catégories :

  • Meilleur film asiatique
  • Meilleur film européen, nord ou sud américain
  • Meilleur long métrage québécois
  • Meilleur film d’animation
  • Prix du film le plus énergique du festival
  • Film le plus innovateur (court ou long métrage)
  • Meilleur documentaire
  • Meilleur court métrage

À vous l’antenne! Les bulletins de vote sont disponibles à l’entrée des salles Hall et J. A. de Sève.

Fantasia 2009 : à voir durant les derniers jours (27 au 30 juillet)

Filed under: Fantasia 2009 — Marc-André @ 17:31
I Sell The Dead

I Sell The Dead

Tout bonne chose a une fin, mais comme toutes les bonnes choses de la vie, comme le dessert et le vin, tant qu’il y en a, on en reprend, trois fois plutôt qu’une.

Il ne reste plus que quelques jours à cette succulente treizième édition de Fantasia. Vous avez le teint vert, les yeux bouffis et le cerveau qui fait tilt? Ça vous va à ravir! Allez hop, on prend une grande respiration cinéphile et on replonge dans le bouillon délirant!

Vous n’avez pas eu la chance de vous procurer un billet pour la projection d’Inglourious Basterds en clôture? Sachez que vous n’êtes pas seul(e), alors séchez vos larmes et allégez votre désespoir, le film de Tarantino sort dans trois semaines. Le festival, lui, en est à son dernier droit, et je vous incite à en profiter au maximum, car la programmation compte une kyrielle de titres alléchants d’ici les derniers tours de bobine, prévus pour ce jeudi 30 juillet. Voici mes dernières suggestions afin de terminer le tout comme il se doit : dans l’indigestion, l’allégresse et la jubilation absolues.

À noter, d’abord, les titres suivants, dont je vous ai déjà parlés et qui sont projetés en reprise :

Fine, Totally Fine (Japon – compte rendu) – lundi 27 juillet, 17 h 05, Théâtre Hall
My Dear Enemy (Corée du Sud – compte rendu) – lundi 27 juillet, 21 h 30, salle J. A. de Sève
Daytime Driking (Corée du Sud – compte rendu) – mardi 28 juillet, 15 h 00, salle J. A. de Sève

Ensuite, les films attendus :

Lundi 27 juillet : Le documentaire Best Worst Movie jette un regard sur un phénomène culturel inusité : Troll 2,  un film d’horreur tellement mauvais et inénarrable qu’il est devenu l’objet d’un véritable culte (de Sève, 17 h 25, en présence d’invités). Le milieu de la pâtisserie sert de toile de fond sucrée à la comédie Antique, l’un des derniers films de la substantielle sélectionne sud-coréenne de cette année (Théâtre Hall, 19 h 20; en reprise le 30 juillet à 17 h 20 – détails… et oups, je viens de voir que c’est complet pour lundi!). La soirée se termine à guichet fermé, avec la présentation de la comédie horrifique américaine I Sell The Dead, mettant en vedette un habitué de Fantasia, Larry Fessenden, également producteur de ce film gothique où des pilleurs de tombes se frottent à quelques créatures de l’au-delà. Fessenden sera d’ailleurs présent lors de la projection (Théâtre Hall, 21 h 45; en reprise le 30 juillet, à 19 h 30 – détails).

Mardi 28 juillet : quelques films européens vont permettre de terminer le périple festivalier en beauté. D’abord, The Eclipse, une production en provenance d’Irlande, avec une égale dose de drame et d’épouvante (salle J. A. de Sève, 17 h 20). De Belgique, Left Bank s’annonce comme l’une des découvertes du festival, avec son esthétique raffinée et une utilisation originale des motifs fantastiques (salle J. A. de Sève, 19 h 20; également présenté le lendemain, dans la même salle, à 17 h 20 – détails). Au Théâtre Hall, l’animation japonaise sera à l’honneur avec Genius Party Beyond, une collection de sketches tout en folie et en virtuosité technique (19 h 30, séance à guichet fermé; en reprise le 29 juillet, à 14 h 30, Théâtre Hall – détails). La soirée va s’achever dans le grand guignol dégoulinant avec Neighbor, en première mondiale (Théâtre Hall, 21 h 45 – détails).

Mercredi 29 juillet : la soirée de clôture officielle compte déjà de nombreuses séances complètes dont, bien sûr, un petit film obscur passé complètement inaperçu : Inglourious Basterds, mais aussi Trick ‘r Treat, projeté tout juste avant, un film d’horreur se déroulant lors de l’Halloween et qui a été encensé par la critique spécialisée. Il est projeté une deuxième fois le lendemain, à 21 h 15, toujours au Théâtre Hall. En toute fin de soirée, j’aurai aussi enfin la chance de voir le documentaire hillbilly The Wild and Wonderful Whites of West Virginia (de Sève, 21 h 50), devenu incontournable après avoir vu le pendant fictif de White Lightnin’, nettement l’un des meilleurs films de cette édition (voir ma critique). C’est également complet, malheureusement, alors je vous souhaite d’avoir vos billets.

Alors voilà. Gardez l’oeil sur la liste des projections affichant complet, et n’oubliez pas la journée additionnelle de jeudi, avec des reprises de DJ XL5′s Razzle Dazzle Zappin’ Party, Trick ‘r Treat, I Sell the Dead et Antique!

26 juillet 2009

Fantasia 2009 : Rough Cut

Filed under: Action, Cinéma sud-coréen, Fantasia 2009 — Marc-André @ 16:27
Rough Cut

Rough Cut

Devenue en une dizaine d’années l’une des cinématographies les plus remarquées à l’échelle mondiale, la Corée du Sud démontre des signes de grande vitalité cette année à Fantasia. Certains commentateurs ont pu récemment faire état d’un essoufflement de la vague sud-coréenne à la suite de la réduction des quotas réservés aux productions locales, un système qui avait favorisé le formidable essor de l’industrie du cinéma sud-coréen. Les cinéphiles seront toutefois rassurés de constater qu’un grand nombre de jeunes cinéastes continuent d’émerger et qu’un renouveau est en cours, comme on a pu le constater au festival avec l’excellent thriller The Chaser et la surprenante comédie noire Crush and Blush, deux moments forts de cette édition. La maison de distribution Evokative a, quant à elle, déniché deux savoureuses perles indépendantes : la désopilante comédie réaliste Daytime Drinking (voir mon compte rendu), et maintenant ce remarquable film d’action nourri de références cinéphiles : Rough Cut, aisément l’une des plus jouissives sélections de l’année.

Première réalisation d’un protégé de Kim Ki-duk, présent en tant que producteur et coscénariste, Rough Cut se déguste, au premier degré, comme une excellente combinaison de comédie, de film de bastonnades (une spécialité sud-coréenne notoire) et d’intrigues liées au monde des jo-pok, l’univers très typé des gangsters du pays. Tout cela a déjà été vu mille fois dans nombre de productions sud-coréennes, de Friend à City of Violence, mais Rough Cut se distingue brillamment par l’utilisation de procédés de mise en abyme reliés au principe du film dans le film.

Le scénario propose un passionnant face à face entre un criminel et un acteur. Connu pour ses frasques et son tempérament insupportable, Soo-ta doit trouver un partenaire pour jouer dans un film où il tient la vedette. Mais son étoile médiatique entachée fait en sorte que personne n’est intéressé à lui donner la réplique. Il décide donc d’offrir le rôle à un vrai truand, qui n’entend pas à rire. Ce dernier accepte le rôle, à condition que les combats ne soient pas simulés, mais bien réels. Le (faux) film y gagnera en authenticité, mais surtout, en chaos, car ce choix va évidemment occasionner un tournage rocambolesque, ainsi que nombre d’imprévus bordéliques.

L’exploration de jeux de miroir entre réalité et fiction, milieu criminel et imitation cinématographique avait déjà été effectuée dans le remarquable A Dirty Carnival, présenté à Fantasia en 2007 (compte rendu). Mais Rough Cut exploite ce filon de manière fort différente et très inspirée, avec des résultats fantastiques. Le cinéaste Jang Hun se permet des salves humoristiques cinglantes envers l’industrie cinématographique sud-coréenne : le star system, les managers de vedettes et la folie des fans en prennent pour leur rhume, tout comme les conditions de tournage, évoquées avec un sens impeccable de la comédie ironique, notamment par le biais de l’hilarant personnage du (faux) réalisateur, dénommé Bong – serait-ce une allusion au (vrai) cinéaste de The Host?

Rough Cut se situe résolument sur le terrain du divertissement, mais une utilisation intelligente et bien dosée des effets de mise en abyme ainsi que des personnages bien campés par de très bons (vrais) acteurs lui confèrent un sacré caractère et une originalité qui permettent de le hisser dans une classe à part. Une acquisition de taille pour Evokative, il s’agit d’une oeuvre incontournable pour les amateurs de cinéma sud-coréen. À surveiller de près lors de sa sortie.

Fantasia 2009 : The Children

Filed under: Cinéma anglais, Fantasia 2009, Horreur — Marc-André @ 12:08
The Children

The Children

Chaque année, certaines thématiques se démarquent plus que d’autres au sein de la sélection de Fantasia. Et cette treizième édition met très certainement la famille à l’avant-plan, pour ne pas dire à rude épreuve. Dysfonctionnelle, recomposée, décomposée ou carrément pulvérisée, la sphère familiale est le lieu de tous les psychodrames et de toutes les horreurs. Depuis le début du festival, la maternité, les difficiles relations parents-enfants et le traumatisme des dynamiques familiales sont auscultés sous diverses facettes, parfois de manière humoristique, souvent sous un angle résolument dramatique et choquant, dans des oeuvres aussi différentes que Nightmare Detective 2, The Wild and Wonderful Whites of West Virginia, Blood River, Kaifeck Murder, Combat Shock et, bien sûr, Grace. Les enfants ne sont pas en reste non plus, notamment avec Orphan et surtout, The Children.

Ce dernier s’inscrit résolument dans le sous-genre horrifique inconfortable des enfants maléfiques, ou plutôt, des enfants tueurs. Une thématique qui peut facilement sombrer dans le registre du plus douteux mauvais goût, mais qui compte également son lot de réussites dérangeantes, notamment The Brood, de David Cronenberg, le percutant Who Can Kill a Child?, du cinéaste espagnol Narciso Ibáñez Serrador, et plus récemment, Vinyan, de Fabrice du Welz (voir ma critique). The Children fait indéniablement partie de cette dernière catégorie.

Dans ce film au déroulement implacable, deux familles qui se sont réunies à l’occasion du congé de Noël vont basculer dans l’horreur d’un cauchemar abominable, entre les mains de leur progéniture devenue soudainement et inexplicablement sanguinaire. D’abord victimes de mystérieux malaises, les bambins, de plus en plus tendus et agités, développent une véritable furie qui va s’abattre sur des parents soudainement en proie à un contexte de survie hostile et inimaginable.

Amorcé avec des traits acérés et cinglants assénés en direction d’adultes dont il dissèque sans ménagement l’hypocrisie et les contradictions, le scénario retors et redoutable du cinéaste Tom Shackland insuffle une fine dose d’allusions fantastiques et d’ambiguïté psychologique en ouverture, avant de faire pivoter le récit dans des directions à la barbarie surprenante.

The Children assume pleinement ses velléités horrifiques, et la thématique de l’horreur infantile est poussée dans ses derniers retranchements tout au long de cette oeuvre macabre à souhait et remarquablement bien exécutée. Le contexte hivernal est bien exploité, et la suite des événements, parfaitement maîtrisée, réserve un lot élevé de scènes choquantes à faire grincer des dents. Certes, on pourra chipoter sur certaines invraisemblances ou sur la dimension malsaine de ses débordements morbides, mais il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un film d’horreur d’excellente qualité, semant le malaise à la perfection, tout en s’inscrivant avec panache parmi la passionnante nouvelle vague d’horreur britannique.

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